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Nîmes (19/09/2016 - tarde) : Deux oreilles pour Sebastián Castella lors de son solo face aux Adolfos...

@ElTico
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A quoi se mesure la réussite ou l'échec d'une confrontation telle que celle osée par Sebastián Castella cet après-midi à Nîmes ? Si l'on se réfère aux trophées obtenus et au seul résultat statistique, il est évident qu'avec deux oreilles coupées sur six toros, la balance est largement négative. Mais si l'on prend en compte que le diestro biterrois avait, sur son nom, rempli les arènes de Nîmes... Si l'on ose admettre que, sans échecs à l'épée, le score aurait pu être doublé face à un élevage en général avare en appendices... Si enfin on reconnaît que pas un seul instant on ne s'est ennuyé ; que le public reconnaissant a salué d'une chaleureuse ovation le départ du Maestro, à pieds, on ne peut décemment pas parler d'échec.

Lui qui avait basé sa communication sur son obsession à toréer "despacio", nous a servi une série de naturelles "surnaturelles" au deuxième de l'envoi, malheureusement couché de trois coups de lame...
La déception du matador biterrois était palpable à l'instant où il a refusé les costaleros. Mais l'avenir retiendra qu'il a été le premier à oser s'afficher dans cette configuration face aux toros d'Adolfo Martin et que l'aficion a bien compris qu'ainsi, quel qu'en soit le résultat, il écrivait une page de son histoire.


Laurent Deloye ElTico


La chronique d'Alexandre Guglielmet :

Sébastien Castella salua "Baratero" par de belles veroniques avant de se faire désarmer sur le remate. Montrant des signes de faiblesse, le bicho fut économisé à la pique sur deux petites rencontres. Dès les premiers échanges de muleta, l'Adolfo confirma son manque de force en perdant les mains. Castella dut s'évertuer à toreer à mi-hauteur pour tenter d'en extraire quelque chose. Malgré de douces naturelles isolées, il ne put rien tirer d'un animal sans qualité. Mort en quatre temps. Silence.

"Carpintero" fut lidié par fuera, se faisant ensuite administrer deux picotazos dont l'ultime en venant de loin. Entame splendide de faena par quatre muletazos, main gauche posée sur les planches, déclenchant les premiers olés de la tarde. La suite fut un modèle du genre de temple et de douceur. Trouvant la distance parfaite, il emmena son noble opposant dans d'harmonieuses tandas, très profondes, faisant rugir le conclave. Sa prestation culmina sur le piton gauche lors de naturelles d'une incroyable lenteur, sans oublier un changement de main tout simplement parfait. Il paracheva cet ensemble de haut vol par une entière un poil derrière, suivie de deux coups de verdugo. Oreille.

Le troisième baptisé également "Baratero" fit une excursion dans le callejon après quelques secondes en piste. Sous le fer, il donna par deux fois le strict minimum. Après un brindis à Palomo Linares, le diestro bitterois débuta par d'autoritaires doblones rematant par un double pecho. Dans la muleta, le toro se montra âpre et violent dans ses charges. Malgré plusieurs avertissements, Castella ne renonça pas. A base d'abnégation et de technique, il parvint à lui corriger en partie ses défauts. Sous les airs de Chicuelo, il put ainsi lui dessiner des séries droitières bien liées et cadencées. La corne gauche se montra quant à elle beaucoup moins propice au toreo. Il conclut sa confrontation par une entière trasera d'effet lent après pinchazo. Ovation.

Castella lidia par fuera le quatrième de nom "Aviador" qui se retourna court lors des échanges initiaux. Cet exemplaire montra une bravoure affichée sur trois rencontres, dont la dernière où il s'élança du centre du ruedo jusqu'à la monture de Gabin Rehabi placée à la présidence. Au dernier tercio, l'Adolfo se révéla vite dangereux sur les deux pitons. Castella, très engagé et montrant une belle aguante, réussit par une démonstration de technique à améliorer les charges du bicho. Dominant totalement son sujet, il put conduire "Aviador" dans des tandas très suaves, données au ralenti, notamment sur la diestra. Il eut le tort de vouloir faire une dernière série qui s'avèra celle de trop, se faisant désarmer à l'issue. Il estoqua par une épée légèrement trasera suivie d'un coup de descabello. Ovation après une pétition d'oreille non concédée par la présidence.

Le cinquième "Madroño" rentra par deux fois avec force dans le peto, poussant ensuite partiellement. Face à un adversaire mobile mais au danger sourd, Castella livra une prestation de haute facture qui alla a mas, mêlant temple et pureté. Parvenant à faire rompre son Adolfo, il put embarquer le public et son opposant dans de magnifiques tandas de derechazos à la grande amplitude émotionnelle. Une demie épée suffit quant à elle pour faire vaciller l'astado, délivrant ainsi un appendice du palco. Oreille.

"Tomatillo" montra de la mansedumbre dès sa sortie en piste. Il la confirma face au groupe équestre lors de cinq brèves rencontres où il sortit seul du caparaçon. Face à cet animal sans grande qualité, Castella débuta son trasteo assis sur l'estribo. Sans atteindre des sommets d'intensité dû aux conditions du bicho, le français put tout de même imprimer un trasteo très élégant qui connut les meilleurs moments sur la rive gauche. Il remata sur la courte distance, servant redondos et muletazos avant de connaitre un échec aux aciers le privant certainement d'un trophée. Silence.

Arènes de Nimes
Samedi 17 septembre à 17h30
6 toros d' Adolfo Martin
Poids : 518 , 505 , 522 , 520 , 513 , 533.
Beau temps avec vent parfois gênant
Durée : 2h35
4/5 d'arènes

Sebastien Castella : Silence/Oreille/Ovation après avis/Ovation après avis/Oreille après avis/Silence après avis

Sebastien Castella écouta une énorme ovation à l'issue du paseo.
Antonio Fernandez Piñeda et Jeremy Banti officiaient en tant que sobresalientes.


Alexandre Guglielmet

Voir le reportage photographique : ElTico