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Vic-Fezensac (18/09/2016) : Très sérieuse et entretenue novillada de Dolorès Aguirre...

@ElTico - archives
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Au vu de leur physique, les 6 novillos de Dolores Aguirre sortis ce dimanche à Vic, auraient eu leur place dans des corridas organisées par certaines autres empresas. Tous dans le type, bien charpentés et armés, ils ont largement contribué à faire de cette novillada, une tarde entretenue où l’on ne se rend pas compte que la course a duré deux heures et quarante cinq minutes.

Conformément aux caractéristiques de leur encaste, les utreros ont eu des comportements très variés allant de brave et encasté à manso avisé. Tous ont pris trois, voire quatre piques, souvent en poussant mais aucun n’’a fléchi. La plupart sont morts au centre du ruedo.
Face à eux trois jeunes toreros à l’expérience et aux styles très variés, de Manolo Vanegas qui a déjà affronté ce type de toros au mexicain Gerardo Rivera et au colombien Juan de Castilla qui découvrent que ce genre d’animaux existent ailleurs que dans les pages du Cossio. Même si tout n’a pas été parfait dans leur tauromachie, ils ont droit à notre respect pour avoir accepter d’affronter cet élevage à la réputation un peu sulfureuse et avoir présentés leurs papiers aux exigeants novillos sortis dans le ruedo vicois.
Le seul regret que l’on peut avoir c’est que les premiers n’aient pas été les derniers car les trois meilleurs sont sortis en premier lieu, les trois suivant étant un ton en dessous.

En bon Atanasio, le premier est abanto à sa sortie en piste. On voit très rapidement au capote qu’il a un fond de noblesse à exploiter. Il s’allume sous le fer et prend quatre piques. Il vient avec bravoure et pousse en mettant les reins au seconde et troisième. Au troisième tiers, il charge avec une certaine alegria et répète dans la muleta. Le bicho est noble, mais n’est pas naïf. Il faut que le torero impose sa volonté. C’est le type d’adversaire qui convient bien à Manolo Vanegas. Le vénézuélien oblige le toro par de bonnes séries à droite et à gauche. Il arrive à canaliser une corne gauche que l’on pouvait penser « compliquée ». Il saura arrêter sa faena après une série où le toro commence à se décomposer. Le vénézuélien tue d’un entière en avant efficace et coupe une oreille. L’arrastre est ovationné.
Le second, lui aussi abanto, est difficile à fixer. Il prend trois piques en mettant les reins et provoque la chute du groupe équestre à la seconde. En début de faena, il est un peu sur la défensive mais, et c’est aussi une caractéristique des Atanasio, il va aller à mas au troisième tiers. Dommage que Juan de Castilla mettent du temps à comprendre qu’il faut le citer de loin. Sur les premières séries, citées de trop près, le Dolorès prend le dessus sur le toro et le met en difficulté. Placé à une distance plus grande, il se livre mieux et permet au torero de réaliser les meilleures passes de la faena. Dommage qu’elles viennent si tard, le toro permettait sûrement plus que ce que nous avons vu. La mise à mort n’est pas le point fort du colombien. Il tue d’un quasi julipié sans s’engager et doit se contenter de saluer. L’arrastre est à nouveau très applaudie.
Sortis en cinquième et sixième, l’un au moins de ces novillos aurait fait une vuelta. La combinaison de la noblesse allègre de l’un et du sérieux de l’autre aurait produit un toro de bandera.
Le troisième refusant de sortir, c’est le sixième qui sort en troisième position. Abanto, il est bien fixé à la cape par Gerardo Rivera. Le toro pousse bien lors des deux premières piques. Il vient fort mais est plus réservé sous le fer à la troisième. David Adalid et Jimenez Escudero saluent après avoir posé de bonnes paires de banderilles. A la muleta l’utrero est un manso con casta qui demande de l’autorité à celui qui le toréé. Bien que proche de l’alternative, le mexicain n’a pas l’habitude de ce type de bétail. Il le toréé sans se croiser, de trop près, avec plus de bonne volonté que de poder. Il finit par accentuer le côté manso au détriment du côté con casta. , silence pour le torero après une demi-estocade et un descabello.
Le quatrième est plus un toro qu’un novillo. Il est bien fixé au capote par Manolo Vanegas. Il prend trois piques sans vraiment s’investir. Manuel Linejo et José Gomez saluent après avoir posé les banderilles. Débutant le long des planches, le toreo double avec autorité. Il cite de loin pour les séries suivantes mais le toro baisse de ton et se décompose. La faena est appliquée mais manque de transmission d’autant que Vanegas insiste et fait deux séries en trop. Il salue après un pinchazo et une entière trasera et de côté.
Le cinquième est lui aussi très charpenté. Mal piqué, il vient trois fois au cheval en poussant par à coups. A la muleta, il part de loin mais charge avec violence sur les deux premières séries. Le toro va à mas dans les suivantes puis quand De Castilla revient à droite, il redevient violent et finit pas se décomposer. Appliqué mais ne pesant pas assez sur le toro et souvent marginal, le colombien tue de deux épées très en avant. Avant de mourir, le Dolorès accroche, sans mal, le puntillero en se relevant Le novillero est appelé à saluer en récompense de son application.
Le sixième qui est en fait le troisième, finit par accepter de sortir du toril. Il le fait au pas et à dès le début, un comportement de grand manso. Il fuit la cape et refuse de répondre aux cites. Il ne pousse pas au cheval et se défend sous la morsure du fer. Il fait suer sang et eau à la cuadrilla, pourtant expérimentée de Gerardo Rivera, au second tiers. A la muleta, comme aux banderilles, il est compliqué, violent, imprévisible et avisé. Bref le combat n’est pas du niveau d’un novillero et le mexicain prend l’épée de mort au bout de deux tentatives de faire passer le Dolorès. A la mort, le danger est réel et après un pinchazo, Rivera opte pour un golletazo prudent mais libérateur.

Les trois novilleros sont applaudis chaleureusement et respectueusement à leur départ du ruedo.

Fiche technique :
Arènes de Vic Fezensac, novillada de la journée Vino et toros (et aussi foie gras)
6 novillos de Dolorès Aguirre très bien présentés aux comportements variés mais toujours intéressants pour :

Manolo Vanegas : une oreille, salut au tiers
Juan de Castilla : salut au tiers, un avis et salut au tiers
Gerardo Rivera : silence, silence

Vingt piques pour une chute, cuadra Bonijol
Ont salué David Adalid et Jimenez Escudero au troisième puis Manuel Linejo et José Gomez au quatrième
Président : Thomas Thuriez
Un tiers d’arène
Ciel couvert et menaçant, deux gouttes de pluie à l’issue du paseo

Durée de la novillada : 2h45

Thierry Reboul