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Pascal Mailhan : "Pour le premier spectacle dans ces nouvelles arènes, il nous a paru important de « marquer le coup »"...

©ElTicoAprès deux années sans toros pour cause de travaux, les nouvelles arènes de Lunel vont accueillir le dimanche 21 juillet prochain, une corrida "de Prestige".

Pascal Mailhan, empresa des arènes Francis San Juan avec la société "JSPH", nous explique comment le choix d'une corrida de toros s'est imposé pour le retour de la tauromachie espagnole à Lunel.


CorridaFrance : La société JSPH, pour Jacky Simeon, Stéphane Roussille, Pascal Mailhan et Hervé Jeanne, est en charge de l’organisation des spectacles taurins et équins de la Ville de Lunel par délégation de service public. Comment s’est créée cette société ?
Pascal Mailhan : C’est une association d’amis. Au départ, c’est Hervé Jeanne qui a eu l’idée de cette société et qui nous a parlé de son projet. Avec Jacky Siméon, nous étions d’accord pour nous charger de l’organisation de la corrida. Et c’est Hervé qui chapeaute le tout avec Stéphane Roussille à ses côtés.

CorridaFrance : Nous nous sommes croisés le jour de l’inauguration des arènes. Avez-vous été consultés et si oui, est-ce que le résultat répond à tes attentes ?
Pascal Mailhan : Oui, nous avons été consultés, en premier lieu pour la course camarguaise. Ces nouvelles arènes sont très belles, mais ce que je trouve bien, c’est qu’elles ont gardé leur identité. Les architectes ont su garder toute la partie basse et notamment les grilles, ce qui est important pour la course camarguaise. Et au dessus, ce qui a été réalisé est très beau. On y voit bien de partout et il y a de larges couloirs pour aller se placer. La première chose que j’ai faite en entrant dans les arènes, c’est d’aller me mettre au dernier rang. Et de là, je voyais la barrière. Ces nouvelles arènes sont très fonctionnelles. Les terrasses qui ouvrent sur la ville sont très belles. C’est un très beau projet, très bien conçu.

CorridaFrance : Après deux ans sans toros à Lunel pour cause de travaux, pourquoi une corrida ?
Pascal Mailhan : Au départ, nous n’étions pas forcément partis sur l’organisation d’une corrida. Mais en y réfléchissant entre nous, pour le premier spectacle dans ces nouvelles arènes, il nous a paru important de « marquer le coup ». De plus, il y avait des matadores qui avaient envie de participer, notamment Sébastien Castella qui nous l’a rapidement fait savoir et qui est heureux de venir à Lunel. Pour nous, c’était très positif et cela nous a conforté dans ce choix d’organiser cette corrida… Et même deux puisque nous avions prévu de programmer une corrida équestre et une à pieds. Mais celle de rejon aurait été en concurrence avec celle de Méjanes et c’était mal venu de l’imposer à cette date là. Donc, on s’est dit, pourquoi pas organiser une corrida mixte ? Lunel a une grande tradition équestre et ce concept, lorsqu’il a été proposé dans de grandes arènes, a intéressé le public. Il n’y a qu’à voir à Nîmes l’an passé où Léa, Jean-Baptiste et Sébastien ont été à l’origine de la plus grosse entrée de la feria des Vendanges. C’est donc une formule qui plaît. De notre côté, nous étions contents de mettre Léa qui deviendra donc la première rejoneadora à toréer dans les nouvelles arènes de Lunel. Elle est française, première de l’escalafon, elle a toute sa légitimité à être ici pour cette inauguration. Sébastien sera le premier matador de toros qui combattra un toro dans ces arènes. C’est important aussi. Je crois que c’est cette idée qui lui plaît. C’est aussi un français, un voisin et quelqu’un d’important. Et après s’est posée la question du troisième. Comme les deux premiers toreros sont de son écurie, c’est moi-même qui ai proposé à Simon Casas de mettre Toñete, qui a triomphé à Nîmes pour son alternative et qui, sans être une des révélations de la temporada, est un jeune prometteur. Il n’y a rien eu d’imposé. C’est une chose qui nous a paru logique et réaliste aussi, en terme de budget de fonctionnement. Côté toros, la corrida de Jandilla est de catégorie et nous avons bénéficié d’une bonne écoute de la part de Borja Domecq, qui est ravi de venir à Lunel pour cette occasion. Les espagnols voient Lunel comme une arène importante et comme c’est en plus une première dans de nouvelles arènes, le fait d’être présents leur plaît.

CorridaFrance : Pour les années à venir, un retour aux novilladas est-il prévu ?
Pascal Mailhan : Franchement, nous n’en savons encore rien. On va déjà voir le résultat de cette année, comment nous nous en sortons. L‘idéal, ce serait de pouvoir organiser une novillada tout en maintenant une corrida de toros. Mais il ne faut pas être trop gourmands. En ce qui me concerne, je suis un fervent défenseur des novilladas car il y en a très peu dans le coin. Mais en même temps, c’est très dur car les gens ne suivent pas forcément ces spectacles qui sont relativement chers à organiser. Durant la période où nous avons été à la tête des arènes de Lunel avec le Ruedo Pescalune, nous avons progressé chaque année en terme de fréquentation des novilladas que nous y avons organisé. Des fois de quelques places seulement, mais nous avons toujours progressé. C’était encourageant pour la suite. Il y a eu les travaux et nous partons maintenant un peu dans l’inconnu. Je ne sais pas comment les gens vont accueillir cette corrida de prestige. Il y a déjà, c’est certain, une bonne répercussion. Le fait que les arènes soient nouvelles interroge les gens et il y a eu de belles entrées pour les courses camarguaises, puisque nous n’avions pas assez de guichets ouverts pour la première cette année. Donc, on fera le point après le 21 juillet.

Propos recueillis par Laurent Deloye ElTico

 Lunel 2019