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Jean-Baptiste Jalabert : La priorité pour nous, c'est d'arriver à satisfaire notre public...

©ElTico
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Jean-Baptiste Jalabert vient de présenter sa troisième temporada à la tête des arènes d'Arles, avec sa société LUDI Arles Organisation dont il partage la direction avec sa soeur Lola, Alain Lartigue et François Cordier.

CorridaFrance : Déjà la troisième programmation de temporada dans les arènes d'Arles pour la société LUDI et Jean-Baptiste Jalabert... Avec le temps et l'expérience, celle-ci a-t-elle été plus facile à construire que les précédentes ?
Jean-Baptiste Jalabert : Non... Ni plus facile, ni plus difficile. Elle a été tout simplement différente, puisque les carteles sont différents. On affirme cette année encore notre ambition de créer de la nouveauté, dans les toreros, dans les élevages... On essaie de varier, d'apporter du changement à chaque fois, des surprises, du renouveau... On s'est engagé dans cette voie dès le début et on la poursuit, comme le démontre la confection des carteles de cette année.

CorridaFrance : Cette programmation est riche et compacte et en mesure de satisfaire le plus grand nombre d'aficionados. Pourtant, on remarque l'absence de deux des grandes satisfactions des deux temporadas passées : Les toros de Pedraza de Yeltes et Thomas Joubert. Quelles en sont les raisons ?
Jean-Baptiste Jalabert : Les toros de Pedraza, c'est un choix de départ puisque c'est un élevage qui est venu deux années de suite, justement, qui a donné énormément d'émotions et de satisfactions mais malheureusement, nous avons été très déçus de la fréquentation des arènes à ces deux occasions, surtout pour la dernière édition, la corrida de 2017. D'où notre réflexion. Si une corrida fournit deux années de suite une corrida de très haut niveau et que finalement, le public ne suit pas trop, autant essayer de composer un cartel différent, avec un nouvel élevage pour essayer de surprendre et d'attirer le public en proposant quelque chose de différent dans le créneau. En ce qui concerne l'absence de Thomas Joubert, je suis le premier à la regretter. C'est l'un des premiers toreros avec lequel on a parlé. Plusieurs propositions à différentes périodes lui sont parvenues. A chaque fois, il les a refusées. Clairement, je crois qu'il y avait une belle place pour lui dans la corrida d'Alcurrucén du lundi après-midi, mais lui demandait autre chose qu'il ne nous était pas possible d'accepter.

CorridaFrance : C'est aussi le retour dans les arènes d'Arles d'un enfant du Pays, Juan Leal ?
Jean-Baptiste Jalabert : Oui, je crois après quatre ans d'absence. C'est un torero qui durant les dernières années, a donné des prestations intéressantes, notamment l'année passée à Bilbao. C'est un torero, arlésien lui aussi, qui méritait de revenir toréer dans les arènes d'Arles, dans sa ville.

CorridaFrance : Comme depuis les débuts de la société à la tête des arènes d'Arles, on remarque que la programmation, plus courte qu'avant, privilégie la qualité à la quantité et que chaque jour a son attrait particulier. Comment arrive-t-on à conjuguer les intérêts des arènes et du spectacle, avec ceux des toreros engagés ?
Jean-Baptiste Jalabert : La priorité pour nous, c'est d'arriver à satisfaire notre public, le public qui vient nous voir. Il faut qu'il y ait des spectacles variés, différents, proposer différentes tauromachies pour les goûts différents des aficionados : une corrida à cheval, une novillada piquée du terroir avec des novillos français, des toreros également d'Arles et de la région, des corridas plus "torista" durant la temporada... Et cette corrida si spéciale que peut être la Goyesque d'Arles du mois de septembre. Comme lors de la corrida d'ouverture, qui est de grand luxe, il faut des toreros qui ont triomphé dans les plus grandes arènes durant la saison passée. Certains reviennent à Arles après plusieurs années d'absence, comme Perera et El Fandi, par exemple. Il y a aussi des nouveautés, des toreros qui se présentent... Il y en a beaucoup cette année avec Ginés Marín, Andy Younes, un autre arlésien, Luis David Adame, Jose Garrido, Emilio de Justo en septembre... Donc, bien sûr, pour nous, il s'agit d'abord de regarder l'intérêt de l'aficion qui vient chez nous et d'essayer de satisfaire le plus grand nombre d'aficionados possible, tout en protégeant le fonctionnement des arènes d'Arles et de l'entreprise qui les gère.

CorridaFrance : La corrida d'El Freixo proposée à cette occasion, sera également combattue par son propriétaire, El Juli. Je crois que ce sera la première fois qu'il le fera en France. La précédente lidiée sur le sol national était sortie au goût des aficionados, à Bayonne, mais exigeante pour les toreros. Comment as-tu réussi à convaincre El Juli de s'imposer ce challenge ?
Jean-Baptiste Jalabert : Ce sera effectivement la première fois en France qu'il combattra des toros de son élevage. Un élevage qui est assez récent et je suis heureux que cette présentation ait lieu dans le Sud-Est à Arles. Puisqu'effectivement, la présentation de l'élevage en France a eu lieu à Bayonne mais sans El Juli pour les combattre. Celle de Bayonne, que j'ai toréée, est sortie compliquée mais elle a permis le triomphe de Paco Ureña et de moi-même ce jour là. C'était une corrida qui a transmis beaucoup d'émotions, qui avait beaucoup de piquant. C'est vrai que les camadas ne se ressemblent pas et que les petits frères de cette année, ne ressembleront peut-être pas à leurs aînés. Mais le Juli est certainement en train de confectionner son élevage à sa main. Il n'est pas encore assez sorti pour qu'on lui connaisse une craie régularité. Mais c'est une belle originalité, une belle nouveauté que de voir le Juli combattre les toros de son élevage.

CorridaFrance : De manière générale, est-il plus facile de négocier avec les toreros du moment lorsque l'on est soi-même en activité ?
Jean-Baptiste Jalabert : Ce n'est pas simple comme situation, parce que j'ai beaucoup d'amis dans l'escalafon, beaucoup de toreros dont j'aimerai qu'ils soient présents dans les arènes d'Arles... Mais évidemment, comme je te l'ai dit un peu avant, l'essentiel est l'intérêt des arènes. Donc il m'arrive d'engager des toreros avec lesquels j'ai moins d'affinités, parce que je pense qu'il est intéressant et important pour les arènes d'Arles qu'il soient présents. Je commence maintenant à être rodé de ce contact, surtout avec les apoderados, dont j'ai connu certains dans d'autres situations.

CorridaFrance : Pour la Goyesque, tu t'affiches aux côtés de Sebastian Castella et Jose Maria Manzanares, comme il y a quelques années lors de la Feria de Béziers pour une corrida qui ne reste certainement pas comme un de tes meilleurs souvenirs dans les arènes du Plateau de Valras. Que faut-il te souhaiter cette fois-ci ?
Jean-Baptiste Jalabert : J'ai des souvenirs fantastiques à Béziers et plusieurs beaucoup plus mitigés... A l'époque de ce cartel, il y avait eu un changement de règlement. Il fallait couper deux oreilles à un toro pour pouvoir sortir par la grande porte. Ce jour là, j'avais coupé une et une et on m'avait interdit de sortir par la grande porte. Entre temps, le règlement a changé et re-changé... Mais en tous cas, ça reste un cartel qui avait amené beaucoup de monde aux arènes de Béziers. Et je suis convaincu que ce cartel pour la Goyesque devrait attirer beaucoup de public aux arènes d'Arles en Septembre.

CorridaFrance : Cet automne, plusieurs appel d'offres ont été lancés pour les gestion d'arènes plus ou moins importantes en France. Ta société ne s'est pas, à ma connaissance, positionnée en tant que candidate. Est-ce que dans l'avenir, tu envisages de présenter la candidature de ta société pour gérer d'autres arènes que celles d'Arles ?
Jean-Baptiste Jalabert : Non, vraiment, pour le moment, nous sommes vraiment centrés sur cette superbe expérience de gérer les arènes de notre ville avec Lola ma soeur, avec Alain Lartigue, François Cordier et toute l'équipe des arènes d'Arles. Nous entamons notre troisième saison et il nous faut encore continuer à apprendre pour pouvoir toujours nous améliorer.

CorridaFrance : Que faut-il souhaiter à Jean-Baptiste Jalabert, empresa des arènes d'Arles en ce début de temporada ?
Jean-Baptiste Jalabert : Toujours pareil... Pâques tombe très tôt cette année, mais c'est la première féria importante en France. Espérons que le temps soit de la partie, que les aficionados soient heureux de reprendre le chemin des arènes pour que l'on puisse y vivre tous ensemble de grands moments d'émotion.

 

Propos recueillis par Laurent ElTico Deloye